Les organisations pastorales, contrairement à celles des producteurs agricoles restent encore assez faibles. Elles souffrent beaucoup de leur dispersion en plusieurs petites organisations et de l’absence, au niveau central, d’une force fédérative solide et bien structurée. Un grand nombre d’organisations d’éleveurs sont certes membres du CNCR, mais les actions de ce dernier sont plus visibles au niveau agricole. Par ailleurs, jusqu’à une date récente les actions des organisations d’éleveurs étaient davantage orientées vers des actions à caractère technique (accès au crédit, alimentation du bétail, santé animale) que stratégique portant sur l’influence des politiques.
L’avènement de la décentralisation constitue une opportunité pour donner aux populations à la base le pouvoir de décider de l’utilisation des ressources locales. Malheureusement dans les communautés rurales, plusieurs facteurs bloquent l’émergence d’un pouvoir politique des éleveurs. La gouvernance locale souffre du déficit de formation des élus et des populations. Cette situation alimente et entretient une certaine confusion dans la répartition des rôles et des prérogatives et dans l’accomplissement des obligations légales et réglementaires. Par ailleurs on note la faible représentation des femmes dans les conseils ruraux.
Cette situation traduit encore une fois le degré d’exclusion de ces dernières des
processus de décisions. Egalement, la « politisation à outrance » du milieu et l’importance de la position sociale pour accéder aux fonctions électives constituent autant de facteurs d’exclusion des catégories vulnérables dans les processus de décisions.

